La commune de Schœlcher est la quatrième ville la plus peuplée de la Martinique avec environ 20 000 habitants, répartis sur une superficie de 21,2 km2 selon les derniers chiffres de l’INSEE. Elle est la porte d’entrée Nord-Ouest de la CACEM dont elle est membre. On y dénombre trois rivières importantes qui traversent la commune de Schœlcher : la rivière de Case-Navire, la rivière de Fond Lahayé et la rivière Fond Nigaud. Les deux premières présentant clairement les plus forts enjeux. La rivière Case-Navire, longue de près de 13,7km, prend sa source à la confluence de la rivière Duclos et la rivière Dumauzé qui prennent, elles, naissance au pied du Piton Lacroix et du Piton de l’Alma. La rivière de Fond Lahayé d’une longueur d’environ 5,2km, prend naissance au pied du morne Bois d’Inde.
La situation de la ville de Schœlcher au droit du risque d’inondation conduit à prendre en compte sa vulnérabilité compte tenu de son dynamisme et de ses projets de développement. Les inondations constituent l’aléa le plus fréquent qui frappe la Martinique et la ville de Schœlcher n’y fait pas exception, victime d’inondations ayant déjà fait l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophes naturelles sur les 10 à 20 dernières années : cyclones, coulées de boue, inondations, impact de la houle. La forte urbanisation de ces dernières années, l’accroissement du nombre d’enjeux exposés et une propension à l’augmentation de l’intensité de l’aléa conduisent à accroître fortement le risque d’inondation.
Comme ailleurs sur l’île, plusieurs types d’inondation peuvent être observés : les inondations dites « pluviales », les débordements de cours d’eau, les crues torrentielles, les ruptures d’embâcles et les submersions marines.
Mais les débordements des rivières de Case-Navire et de Fonds Lahayé sont très significatifs et tendent à être plus nombreux. En effet, la population, les nombreuses activités économiques, les crèches, les écoles… subissent de forts impacts à chaque débordement étant donné leur proximité avec ces deux rivières. Des évènements semblables aux crues d’octobre 2010 et de novembre 2020 avec près d’une centaine de familles sinistrées à Fond Lahayé et à Anse Madame ont tendance à se répéter.
Le territoire schœlcherois est également concerné par les risques de submersion marine, près de 5,6 km de côte littorale.

Le Programme d’Études Préalables (PEP) de Schœlcher

L’élaboration du PEP de Schœlcher intègre l’ensemble des bassins versants présents dans son périmètre. En tant que première étape de la démarche PAPI, il vise à disposer des études nécessaires à la réalisation du PAPI complet (incluant des travaux). Aussi, il permet de renforcer la dynamique entre la CACEM (porteur du PEP) et la ville de Schœlcher, les parties prenantes / acteurs locaux et à terme le grand public.
Ce programme préalable au PAPI de la ville de Schœlcher a nécessité la réalisation d’une stratégie spécifique, adaptée au territoire communal et coconstruite avec les parties prenantes. Elle se base sur un diagnostic des risques d’inondation du territoire ; joint à la tenue d’ateliers de concertation des parties prenantes.
Réalisation d’une enquête
Une enquête a été réalisée à travers un questionnaire et des entretiens abordant plusieurs thématiques notamment :

- Les connaissances sur l’aléa inondation et le retour d’expérience de la commune ;
- Les documents d’urbanisme et d’aménagement du territoire ;
- La culture et la mémoire du risque inondation ;
- Le recensement des documents et des dispositifs opérationnels et informatifs relatifs au risque inondation ;
- Les cours d’eau, ouvrages et mesures de protection ;
- Les souhaits pour le PEP et leurs principales préoccupations.
Élaboration du diagnostic initial du territoire
L’ensemble de ces retours, compilés à la Stratégie Locale de Gestion du Risque Inondation (SLGRI), ont permis l’élaboration du diagnostic initial du territoire, dont le but a été de déterminer les atouts, les manques et les améliorations potentielles amenées dans le cadre de la gestion des inondations.
Mise en place d’ateliers
Afin de faire émerger les priorités du territoire, les parties prenantes du PEP ont été réunies dans le cadre d’ateliers visant les objectifs suivants :
- Identifier les secteurs problématiques ;
- Prendre conscience des actions pouvant agir sur l’exposition aux aléas et des actions qui, a contrario, favorisent l’inondation ;
- Faire émerger les solutions de protection et de prise en compte du changement climatique (en les confrontant à leurs freins et leviers) ;
- Identifier les potentielles sources de financement ;
- Déterminer les thématiques prioritaires que sont pour exemples l’acculturation du risque ; les choix d’urbanisme et d’aménagement, la connaissance sur les aléas ; l’alerte et la gestion de crise la désimperméabilisation des sols ou encore la réduction de la vulnérabilité des enjeux…
Ces étapes ont conduit à bâtir une stratégie adaptée et cohérente avec les actions entreprises jusqu’alors et vis-à-vis de l’orientation que souhaite prendre le territoire. Cette stratégie se veut contextualisée et complète. En cours de finalisation, elle sera déclinée en différentes orientations stratégiques et dispositions qui aborderont l’ensemble des volets du Programme d’Etudes Préalables (PEP) au PAPI de Schœlcher.
Suite à sa validation par la CACEM et la ville de Schoelcher, elle permettra le dépôt du dossier PAPI.